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Dix choses à savoir sur les défis associés avec mettre fin à l’itinérance au Canada

Le 18 novembre, j’ai fait une présentation sur les défis en ce qui concerne « mettre fin à l’itinérance » au Canada au 7 Cities Leadership Summit à Edmonton. Ma présentation, illustrée de diapositives, peut être téléchargée ici.

Voici dix choses à savoir en tant que défis concernant « mettre fin à l’itinérance » au Canada.

  1. En 2008, Calgary est devenue la première municipalité canadienne à s’engager publiquement à mettre fin à l’itinérance.  Plus d’une douzaine d’autres municipalités canadiennes ont fait la même chose depuis lors; ainsi le maire de Medicine Hat a récemment affirmé que sa municipalité avait mis fin à l’itinérance.  De tels plans ont le potentiel de sensibiliser et de concentrer les efforts collectifs pour développer de nouvelles pratiques visant la fin de l’itinérance. Je pense que l’une des raisons pour lesquelles plusieurs villes en Alberta ont adopté de telles approches découle de l’utilisation réussie de campagnes de sensibilisation similaires aux États-Unis. Lors d’une conférence à Toronto en 2009, Nan Roman a déclaré: « En disant que le problème continuait, nous ne recevions pas de ressources. En nous concentrant sur des solutions, nous avons obtenu plus de ressources. » Autrement dit, en parlant positivement (et en démontrant des résultats positifs) on peut obtenir plus de ressources pour lutter contre l’itinérance; c’est là,  je pense, une raison importante qui a ammené de nombreux avocats au Canada à élaborer des stratégies pour mettre fin à l’itinérance.

  1. Les bons chercheurs doivent être prudents avant d’ attribuer le succès ou l’ échec, dans nos efforts pour mettre fin à l’itinérance,  uniquement à la stratégie respective de chaque communauté. « Cum hoc ergo propter hoc » est une expression courante dans la statistique.  Dans le contexte actuel, cela revient à dire que, si le nombre de sans-abri d’une municipalité diminue après la publication d’un plan pour mettre fin à l’itinérance, cette diminution ne doit pas être attribuée forcement au dit plan. De même, si le nombre des sans-abri d’une municipalité a diminué plus vite que celui d’une autre municipalité, cela ne veut pas nécessairement dire que la première municipalité a une meilleure stratégie contre l’itinérance. En effet, un large éventail d’autres facteurs sont en jeu ici, y compris la disponibilité de logements locatifs, la migration et le chômage.
  1. En ce qui concerne mettre fin à l’itinérance à travers le Canada, l’Alberta est généralement considérée comme étant la province de premier plan. En 2009, l’Alberta est devenue la première province canadienne à s’engager à mettre fin à l’itinérance, créant une agence de gouvernement pour élaborer et suivre un plan provincial pour mettre fin à l’itinérance avant 2019. Le plan comprend les éléments suivants: i) l’élaboration de normes mesurables (aidé par des plans municipaux pour mettre fin à l’itinérance); ii) la mise en place d’un système de gestion de l’information; iii) la surveillance continue des résultats; iv) la mise à disposition de logements plus favorables (c-à-d, un arrangement qui combine des logements subventionnés et le soutien du travail social aux locataires); et v) des mesures pour empêcher les systèmes provinciaux (c-à-d, le système de santé publique; de justice et de protection de l’enfance) de rejeter leurs clients dans l’itinérance (ASAH, 2008, p. 12). Un rapport de janvier 2013 rapporte que, depuis la mise en œuvre du plan provincial pour mettre fin à l’itinérance, l’Alberta a connu une réduction de 10 pour cent dans l’utilisation de lits d’ hébergement d’ urgence.
  1. Le gouvernement de l’Ontario s’est récemment engagé à mettre fin à l’itinérance chronique avant 2025. Dans sa stratégie pour la période 2014-2019 de réduction de la pauvreté, le gouvernement Wynne a annoncé son « objectif à long terme » de mettre fin à l’itinérance. Un comité consultatif de 13 membres a été nommé pour conseiller le gouvernement; et en octobre de cette année, ce comité a publié un rapport qui recommande, entre autres, que le gouvernement de l’Ontario vise à « mettre fin à l’itinérance chronique dans les 10 ans » (Matthews & McMeekin, 2015, p. 1). Le gouvernement Wynne a accepté ce conseil.
  1. Les campagnes pour mettre fin à l’itinérance étant désormais en plein essor depuis plusieurs années, les responsables gouvernementaux et les chercheurs tentent de définir ce que « avoir mis fin à l’itinérance » veut dire précisément. Participent à cet effort de définition les organismes suivants : la United States Department of Housing and Urban Development; the United States Interagency Council on Homelessness; et L’Observatoire canadien sur l’itinérance. (Plus tôt cette année, Iain de Jong a blogué sur ce sujet ici.) Plus récemment, le sujet a été discuté au cours d’une séance de la conférence annuelle de l’Alliance canadienne pour mettre fin à l’itinérance; les participants étaient Alina Turner, Tom Albanese, Jaime Rogers, Michael O’Brien et Kyle Pakeman.
  1. Beaucoup moins de logements à louer sont en cours de construction au Canada aujourd’hui que dans le passé; cela accroîtra pour les communautés la difficulté de mettre fin à l’itinérance.  Dans les années 1960 et 1970, beacoup de nouveaux logements locatifs ont été construits au Canada chaque année. Certaines unités ont été détenues et exploitées par des entités à but lucratif, souvent soutenues par des incitations fiscales du gouvernement; d’ autres unités ont été développées par des entités à but non lucratif, qui sont fortement subventionnées par le gouvernement, et toujours en partenariat avec le secteur privé. Dans les années 1980, avec le néolibéralisme en plein essor, le gouvernement fédéral du Canada a cessé de fournir aux promoteurs à but lucratif la plupart de ses incitations fiscales; il a également sérieusement réduit ses subventions pour la construction de nouvelles unités de logement social (c-à-d, le logement développé et exploité par des entités à but non lucratif). En 1993, le financement fédéral pour les nouvelles unités de logement social s’est arrêté (à la seule exception des unités dans les réserves). À partir de 2001, le gouvernement fédéral a commencé à subventionner à nouveau la construction de nouveaux logements sociaux, mais pas dans la mesure où il l’avait fait dans les années 1960 et 1970 ( J’ai déjà blogué sur des initiatives plus récentes ici).
  1. Chaque année, le gouvernement fédéral fournit aux organisations à but non lucratif moins d’argent que l’année précedente pour faire fonctionner leurs unités de logement à but non lucratif existantes;   cela aussi accroîtra les difficultés pour les municipalités qui essaient de mettre fin à l’itinérance. Les provinces et les territoires du Canada reçoivent un financement annuel de la Société canadienne d’hypothèques et de logement afin de faire fonctionner les logements existants (principalement pour les locataires à faible revenu). Ce financement ne finance pas seulement les prêts hypothécaires; il aide également les coûts d’exploitation (c-à-d, la différence entre le loyer reçu des locataires et ce qu’il en coûte en fait le fournisseur de logements pour faire fonctionner les unités). Ces accords de financement durent généralement 35-50 ans. Ce financement est en baisse et devrait se terminer en 2039. (Ce vidéo de deux minutes explique assez bien tout cela.)
  1. Aujourd’hui, le gouvernement fédéral dépense beaucoup moins d’argent qu’en 1999 sur les programmes qui répondent directement aux besoins des sans-abri; cela aussi accroîtra la difficulté de mettre fin à l’itinérance.  Le financement fédéral annuel pour l’itinérance aujourd’hui vaut 119 millions $; après ajustement pour l’inflation, cela représente seulement 35% de la valeur de ce financement fédéral en 1999. Je crois que cette érosion substantielle du financement fédéral pour les sans-abri acroîtra pour les communautés la difficulté de mettre fin à l’itinérance.  Je pense que, pour commencer, il serait raisonnable pour les défenseurs de demander au gouvernement fédéral de rétablir le financement fédéral annuel pour l’itinérance à son niveau de 1999. Concrètement, cela signifierait demander au gouvernement fédéral d’augmenter le financement annuel pour la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance de 119 millions $ à 343 millions $.
  1. Avec la diminution des recettes fiscales au Canada, il sera encore plus difficile de mettre fin à l’itinérance.  Prenons ce qui suit: dans les années 1980, dans les taux d’imposition canadiens pour les particuliers, le haut taux était 43%; aujourd’hui, il est juste 29%. En 2000, pour le gouvernement federal, le taux d’imposition général pour les sociétés était 29%; en 2012, il était tombé à 15%. Enfin, en 1999, le total des impôts en tant que pourcentage du PIB du Canada (y compris toutes les taxes fédérales et provinciales) état 36%; en 2010, ils état 31%. Les programmes sociaux, y compris les logements pour personnes à faible revenu, ont besoin d’être financés. Sans revenus fiscaux importants, il sera plus difficile pour le gouvernement de financer plus de logements et plus de soutien social connexe pour les personnes à faible revenu.
  1. À mon avis,  sans une augmentation significative de la disponibilité de logements abordables, l’accroissement de nos efforts pour accroître l’ efficacité de nos réponses d’urgence pour les sans-abri sera limité par les réponses de comportement. Partout au Canada, les responsables locaux tentent souvent, aussi rapidement que possible, de déplacer les sans-abri d’un abri d’urgence à un logement abordable. Pendant que les fonctionnaires travaillent à développer des moyens plus efficaces pour faire cela, on entend des récits anecdotiques de réponses de comportement. C’est-à-dire, lorsque la nouvelle se répand que les personnes qui ont accès à des abris d’urgence peuvent être placées dans un logement abordable rapidement (parfois avec le soutien du travail social) les personnes à faible revenu qui avaient auparavant résisté à la tentation d’accéder aux abris d’urgence (par « couch surfing » avec les amis et la famille, par exemple) se rendent compte que l’accès à des abris d’urgence peut entraîner de meilleurs résultats pour eux. Mon souci est que, au fur et à mesure que les réponses aux besoins de l’ itinérance deviennent plus efficaces, des millions de personnes à faible revenu seront plus enclins à acceder à des services de soutien d’urgence. Bien que je voudrais que les gens reçoivent de bons services, je pense que ce phénomène peut laisser certains responsables locaux dans la position d’essayer – pour employer une expression anglaise – « to push the ocean back with a spoon » — à moins qu’il ait une augmentation importante de la disponibilité de logements abordables.    (M. Culhane a déjà écrit sur ce phénomène ici.)

Les personnes suivantes m’ont aidé à préparer le présent blogue: Francesco Falvo, Louise Gallagher, Stephen Gaetz, Alison Kooistra, Steve Pomeroy, Angela Pye, Ron Kneebone, Kevin McNichol, Alina Turner et Mike Veall. Toutes les erreurs sont les miennes.

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